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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 22:05

Les élus du Parti de Gauche de Petit Couronne partagent la lutte des Petroplus, depuis 18 mois.

IMG 1714Il nous parait essentiel de rappeler l’importance du raffinage en France. C’est d’abord une question d’indépendance énergétique pour notre pays et il n’est aucunement inéluctable de fermer les raffineries les unes après les autres depuis 30 ans.

Nous considérons inadmissible que la France importe aujourd’hui 50% de produits raffinés finis et qu’avec l’arrêt de Petit Couronne qui fournissait 40% du bitume utilisé sur nos routes en France, nous devons maintenant l’importer de Belgique et d’Allemagne. 

Nous restons persuadés que le site normand doit avoir un avenir. C’est d’autant plus nécessaire que l’activité de cette entreprise a, au-delà de l’essence, des huiles et du gazole, des répercussions sur l’automobile avec la production de matière première pour les plastiques etc.

Ce sont aussi des sous-traitants qui se retrouvent en difficulté ou encore des entreprises dont l’activité est étroitement liée à celle de Petroplus.

Le renoncement ne doit pas être à l’ordre du jour.

photo Petro+ armadaA la Région, au Département, à la CREA, à la commune la question de l’avenir de la raffinerie doit rester la priorité. Pas question d’envisager la ré-industrialisation du site, ni son repositionnement industriel. La solution en faveur d’un repreneur doit être soutenue pour respecter les engagements que l’ensemble des responsables politiques, élus locaux et nationaux ont pris auprès des organisations syndicales de l’entreprise. Les capacités financières de la BPI doivent être mises au service de la sauvegarde de Petroplus.

 

Réquisition et nationalisation reste une option.

A défaut d’un repreneur, les pouvoirs publics doivent aller jusqu’à la nationalisation de l’entreprise. L’objectif  d’un pôle public de l’énergie, à l’heure où M. de Margerie, PDG de Total se croit permis d’annoncer la fermeture de nouvelles raffineries en France, est plus que jamais nécessaire si nous voulons éviter des importations massives de produits raffinés, fabriqués dans des conditions sociales et environnementales inacceptables et qu’il conviendrait donc de taxer.

Faire tomber les masques et les impostures.

Nous savons que des repreneurs potentiels existent et nous pensons également que, malgré de belles paroles, le gouvernement n’a pas joué son rôle dans ce domaine, en cédant à la pression des majors du pétrole (Shell, Total) qui veulent éviter des repreneurs qui seraient des concurrents.

Pour l’ensemble de ces raisons, et contrairement à la position du Préfet, ou de certains élus locaux qui invitent « à tourner la page », nous ne nous résignons pas à voir la disparition d’une telle entreprise dans notre région.

Rendez vous Vendredi 21 Juin à 12H30, devant la raffinerie de Petit Couronne pour une assemblée générale importante que peut réserver quelques surprises !

Soyons toujours solidaires, la lutte nous concerne tous !

 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 15:31

 

UNE NOUVELLE ETAPE DANS L'AUTORITARISME LIBERAL

Jamais aucun pouvoir n'avait osé cela : faire éteindre une télévision publique par la police sous prétexte de réduction de dépenses. Depuis mardi soir, il flotte un parfum de dictature sur la Grèce. Le peuple grec a immédiatement compris l'enjeu en se mobilisant pour défendre sa télévision et les syndicats appellent à la grève générale jeudi contre ce véritable coup d'état contre le droit à une information non contrôlée directement par des intérêts privés. Voilà où mènent ces politiques inhumaines d'austérité : elles sont le prétexte pour museler la démocratie. place au peuble

Nous ne sommes pas pris par surprise, nous avions caractérisé les politiques européennes menées comme des politiques austéritaires : en voilà l'exemple le plus flagrant. Pour les mener à bien les gouvernements européens ont besoin d'étouffer toute résistance et donc tout débat. C'est ainsi que le gouvernement français vient de supprimer celui prévu à l'assemblée nationale sur le grand marché transatlantique ! Lorsqu'ils échouent et que le peuple se mobilise, ils n'hésitent pas à utiliser la répression. Dans de tel contexte, la bataille pour une information indépendante est vitale, le gouvernement grec l'a compris qui, en fermant la télévision publique, espère avoir les mains libre pour continuer sa sale besogne de soumission à la troïka européenne.

Il est aussi significatif de voir comment les pouvoirs politiques sont prêts à tout pour défendre leurs grands projets inutiles, désastreux pour l'environnement mais fort utiles pour les bénéfices de certains groupes financiers. Mais les populations n'acceptent plus passivement qu'on massacre leur environnement : nous en avons un exemple à Notre-Dame des-Landes et nous voyons aujourd'hui les citoyens d'Istanbul se dresser contre la disparition d'un de leurs rares espaces verts. Cette révolte, partie d'une simple résistance à un projet délirant, s'est transformée en mobilisation populaire contre un pouvoir de plus en plus autoritaire et s'est étendue à tout le pays. Combien de fois, un événement, en apparence anodin, s'est transformé en événement historique ? Nous ne savons pas, en Grèce et en Turquie, quelle sera la suite car nul ne peut dire à quel moment le point de rupture va déboucher sur une révolution citoyenne qui balaiera les pouvoirs anciens au bénéfice d'un pouvoir du peuple et pour le peuple.

Martine Billard,
co-présidente du Parti de Gauche

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 11:50

Grèce : les coups d’État financiers ferment les TV et radios publiques


La décision du gouvernement Grec prise par décret de fermer manu militari les chaînes de TV (ERT) et de radios publiques, asphyxie la démocratie, porte atteinte à la liberté d'information et d'opinion.
 
On savait que les coups d'état militaires débutent par un contrôle des médias, on saura désormais que les coups d'état financiers se singularisent par leur fermeture... En inventant le terme austéritaire lors des premières mesures imposées par la Troïka Européenne à la Grèce, le Parti de Gauche ne s'est pas trompé.

Le terme risque même d'être rapidement en deçà à la réalité. Aucun peuple ne pouvant supporter une telle saignée, des mesures autoritaires commencent par être appliquées pour le contraindre, on impose des gouvernements non-élus, on refuse ou on nie le résultat des référendums ou de votes de parlements... Voilà ce qui s'est passé ces dernières années dans les pays européens les plus touchés par la récession. Aujourd'hui rien ne peut assurer que dans ces pays, la dictature financière ne se traduira pas à l'avenir par des coups d'état militaire.
 
La récession porte en elle la régression sociale et répression démocratique. Ce qui s'est passé hier en Grèce le confirme. Mais que l'Union européenne ne joue pas les Tartuffe : le gouvernement grec n'est que l'exécuteur servile d'une politique voulue et appliqué par la Troïka. C'est avant tout elle que nous devons dénonçer. 
  

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 22:31

En mémoire de Pierre Mauroy, je partage pleinement cette déclaration:

Le Parti de Gauche salue la mémoire de Pierre Mauroy. Alors que des dirigeants du PS honorent le Premier ministre qui a fait le tournant de la rigueur, nous préférons nous souvenir qu'il fut celui d'un gouvernement, sous la présidence de François Mitterrand, et d'un parti socialiste pour qui la transformation sociale était encore une raison d'agir. 

Porté par le formidable espoir de l'union de la gauche et du programme commun, le premier gouvernement de Pierre Mauroy, qui contenait 4 ministres communistes, appliqua un programme de radicalités concrètes impressionnantes : 39 heures et la cinquième semaine de congés payés, lois Auroux donnant plus de pouvoir aux salariés et à leurs syndicats, retraite à 60 ans, nationalisation d'une grande partie du secteur bancaire et industriel, régularisation massive de sans-papiers, arrêt du projet militaire du Larzac et de la centrale nucléaire de Plogoff, dépénalisation de l'homosexualité et abolition de la peine de mort ! Son action fut une étape importante du progrès social.

A l'heure où ses successeurs appliquent à la lettre les politiques d'austérité et de régression sociale, il parait important de nous rappeler que la gauche, portée par le suffrage universel, a su gouverner pour l'intérêt général et les salariée-e-s et contre l'égoisme capitaliste. Ce que portent le Front de Gauche et son programme l'humain d'abord sont bien plus proches de ce socialisme-là incarné par le premier gouvernement de Pierre Mauroy.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 18:58

Petroplus le combat continu ! avec une présence et des actions pendant l’ARMADA

 

Chaque mardi à 12H45 les salariés de  Petroplus poursuivent leur assemblée générale, 250 à 300 personnes sont présentent chaque fois, pour se faire toujours entendre.

L’intersyndicale invite au rendez vous demain jeudi 6 Juin à l’occasion de l’ouverture de l’ARMADA un :

Rassemblement à 9H00 devant la raffinerie pour descendre en cortège jusqu’au quai de Rouen, l’autorisation sur le lieu exacte de la manifestation sera communiqué demain matin. Soyons nombreux à poursuivre le combat au coté des Petroplus, on lâche rien, voir ci-dessous la déclaration faite hier en assemblée générale par les syndicats :IMG 1883

 

Il y a toujours des possibilités de cession du site et ce malgré que certains veulent nous enterrer un peu vite, il y a toujours des dossiers de plus en plus solides et des demandes de RdV au plus haut niveau sont en cours.

 Au niveau du Gouvernement, nous voulons que les choses soient claires : Soit ils sont à nos cotés pour défendre le raffinage et cette raffinerie est nécessaire, entre autre, pour répondre au marché français du bitume, soit ils disent clairement qu’ils choisissent le camp des dirigeants de TOTAL quand leur PDG dit à nouveau qu’il faut fermer Petit-Couronne et que d’autres raffineries vont suivre ( Nous avions dit que TOTAL attendait notre fermeture pour annoncer les siennes, mais cela devait les démanger )

 C’est la 1ère fois que nous avons un tel silence des dirigeants politiques gouvernementaux ou non. Depuis ma lettre ouverte demandant à chacun de se positionner et de maintenir ou non leur position prise pendant la campagne électorale, j’ai un silence plus qu’étrange.

Sauf, tous les appels téléphoniques reçus sur le sujet provenaient d’amis (ils le sont largement devenus depuis 2 ans) d’extrême gauche, des différentes organisations constituants le Front de Gauche dont les leaders comme Jean-Luc MELENCHON et Pierre LAURENT, de certains écologistes et des membres du PS en désaccord avec la position gouvernementale. Pour TOUS les autres silences radio.6160503532 afb2618c7c s

L’urgence est à l’action et au sauvetage du site, mais de toute manière, nous organiserons une conférence de presse pour expliquer ce que nous pensons de la position de chacun (ou du manque de position)

 PS : Pendant l’Armada

Les différents moments de présence des Petroplus : débats et dédicaces (2 samedis au stand de LM Com et le 12 Juin au soir au stand des amis de l’Huma) la journée du 10 Juin en multiples débats au stand des amis de l’Océan Indien, distribution de tracts …..

 

 

 

 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 15:29

LA BATAILLE POUR LES RETRAITES COMMENCE

Ce mardi, le Sénat, hélas, vient d'entériner par 169 pour, 33 contre et 114 abstentions, la loi anti salariés imposée par le Medef et que le PS ose appeler « sécurisation des parcours professionnels ». Il faut quand même avoir beaucoup de cynisme pour tenir de tels propos. Ainsi une alliance gouvernement PS-droite introduit une nouvelle régression sociale sous les applaudissements de Madame Parisot. Laquelle avance immédiatement ses pions suivants en exigeant que les régressions sur les retraites soient de même ampleur : 43 ans de cotisation au lieu de 41 ans et demi prévus en 2017, et pas de départ en retraite possible avant 65 ans, la borne supérieure en cas de nombre de trimestres insuffisants passant en conséquence de 67 ans à 70 ans !!!! Et nous savons que François Hollande et son gouvernement se sont déjà couchés devant la troïka européenne qui exige de tels reculs.invitons-les-retraites-dans-les-regionales

Ces attaques contre les retraites vont de pair avec la politique d'austérité. Or, avec le taux de chômage existant, il ne sert à rien de maintenir les salariés plus longtemps au travail. Nous le voyons déjà avec l'explosion du taux de chômage des salariés de plus de 50 ans à un niveau jamais atteint. Et avec la suppression du droit à indemnisation jusqu'au départ en retraite, beaucoup de salariés âgés se retrouvent sans aucun revenu ou au mieux avec le RSA. Les femmes vont être une fois de plus les premières victimes. Augmenter encore la durée de cotisation ne fera donc qu'aggraver la situation actuelle et provoquer un transfert de dépenses des caisses de retraite vers la caisse de chômage ou le budget de l'état.

Toute la politique de ce gouvernement se coule donc totalement dans l'idéologie libérale de la flexibilité du travail (avec l'ANI), du travailler plus pour gagner moins (retraite) et de la répression contre les travailleurs (refus de la loi d'amnistie). Ce n'est donc que la mobilisation qui pourra le faire reculer. Les manifestations du 1er mai plus importantes qu’annoncées par les médias donneurs de leçon, le succès de la marche du 5 mai malgré les tentatives de tripatouillage des chiffres par Manuel Valls sont un premier pas dans le rejet des politiques menées et dans l'exigence d'une nouvelle République. Il faut continuer à dénoncer l'hypocrisie de ce gouvernement qui cherche à maquiller son cours clairement libéral. 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 16:31

François Hollande n’a pas eu la stratégie voulue pour maintenir et développer le rassemblement de la gauche qui s’était réalisé au deuxième tour de la présidentielle. Pire, il a décidé un virage à droite en appliquant la politique du Medef, qui n’en demandait pas tant.

Appliquant à la lettre la stratégie du club Terra Nova d’abandon des couches populaires ouvriers et employés (53 % de la population), il parie sur le fait que ces couches continueront à s’abstenir massivement (l’abstention est le premier choix de ces couches sociales loin devant les choix - dans l’ordre -FN, PS, UMP et Front de gauche en 5e position). Il parie sur la sur-mobilisation des couches moyennes intermédiaires (24 % de la population) et des cadres salariés (15 %). Mais cette stratégie présidentielle produit la désespérance et favorise la droite et l’extrême droite comme l’a montré l’élection partielle de l’Oise en mars 20131. François Hollande décide même de malmener la gauche de gauche. Il a donné 5 mois à la réaction pour mobiliser contre le mariage pour tous mais seulement trois semaines à la gauche de gauche pour déployer sa mobilisation tant sur le traité budgétaire que sur la « loi Medef » sur la sécurisation des licenciements. Celle-ci est donc obligé de se rebiffer. L’aile gauche du PS renâcle et Gérard Filoche, qui s’est bien battu contre la loi Medef sur la sécurisation des licenciements, a même été demandé comme conférencier par des assemblées citoyennes du Front de gauche !place au peuble

Le Front de gauche décide de manifester le 5 mai pour la VIe République pour exprimer son ras le bol de la stratégie de François Hollande. Il sera rejoint par une minorité de militants d’EELV-les Verts. Car sur le plan économique et social, c’est de pire en pire. Le numéro de 117 de Respublica a montré l’attaque en règle de la protection sociale par l’ordolibéralisme au pouvoir. L’oligarchie capitaliste a d’abord tenté de régler la crise du capitalisme (baisse du taux de profit dans l’économie réelle) par le développement de la spéculation internationale. Puis, elle a réussi à enrayer l’écroulement bancaire et financier privé en faisant appel à l’argent public contrôlé par les amis des oligarques à la tête des États. La dette publique, déjà mise à mal par les cadeaux fiscaux aux rentiers et aux revenus des couches aisées et riches, s’est alourdie en venant sauver les institutions bancaires et financières internationales. Alors, pour financer la dette publique, les oligarques ont décidé que ce sont les salariés des couches populaires et des couches moyennes intermédiaires qui paieront la note via les politiques d’austérité. Ces politiques d’austérité basées sur la baisse des dépenses publiques ont comme conséquence de diminuer les recettes fiscales des États d’un montant supérieur à la baisse des dépenses publiques. L’effet multiplicateur joue à fond et oblige les oligarques à redoubler d’intégrisme dogmatique en demandant un nouveau tour de vis austéritaire. Cette évolution touche la majorité des pays de la zone euro puisque nous savons aujourd’hui qu’entre mars 2011et septembre 2012, la dette de la zone euro a augmenté de 86 à 90 % et que les capacités de production baissent dans la plupart des pays européens. Il est à noter que nous voyons de plus en plus l’intégrisme ordolibéral européen (version extrémisée du néolibéralisme mondial) verser dans la spirale austéritaire alors que les politiques des Etats-Unis, du Japon et des BRICS (pays émergents) sont moins extrémistes. Il n’en faut pas moins aux économistes dits atterrés néo-keynésiens pour en appeler à une relance globale salariale et budgétaire.2 Comme s’il suffisait de le dire pour le faire ! Pour que cela marche (car une relance simple favoriserait principalement les pays industriels excédentaires), il faudrait allier la relance à une énorme augmentation de la demande des pays excédentaires (tels l’Allemagne), avec un néo-protectionnisme, etc. Comme si l’Allemagne allait accepter de payer et comme si l’oligarchie allait faire ce cadeau au peuple. Alors pour l’instant, l’austérité ne permet pas de résoudre la crise, soit, mais continue à financer l’oligarchie. C’est tout ce qu’elle demande ! Nos néo-keynésiens oublient le moteur de l’histoire : la lutte des classes. L’oligarchie ne se laissera pas déloger par une stratégie « bisounours », elle n’écoutera pas plus les donneurs de conseils qui n’ont ni le pouvoir ni l’influence. D’autres plus hardis nous décrivent le bout du chemin auquel ils nous convient mais sans nous dire quel chemin on doit emprunter pour arriver à cet éden ! Désobéissance européenne, réquisition de la banque de France, cotisation économique, soit, mais avec quelle majorité ? Quel soutien populaire ? Avec quelle bataille pour l’hégémonie culturelle ? Et avec quelle pratique sociale pour obtenir ce Graal ? Comment obtenir le soutien des couches populaires ouvriers et employés pour faire alliance avec les couches moyennes intermédiaires ? Pour nous, le chemin est aussi important que le bout du chemin. Notre chemin, ce sont les luttes sociales des salariés et l’éducation populaire que nous sommes capables de produire dans ce cadre. Le reste, c’est pour la société du spectacle !

N’hésitez pas à demander les conférenciers de Respublica et du Réseau Education Populaire pour en débattre ! Nous l’avons écrit précédemment : Alors que la candidate socialiste a presque fait jeu égal en juin 2012 en perdant que de 63 voix au deuxième tour, elle a subi le syndrome jospinien de 2002 : elle est éliminée dès le premier tour au profit du Front national. Mais cette fois-ci ce dernier fait presque jeu égal avec la droite au deuxième tour malgré le soutien du PS au candidat UMP. Le candidat du Front de Gauche perd des voix tout en augmentant légèrement en pourcentage (+1,4 % pour finir à 6,4 %). [↩] Comme l’a analysé Michel Zerbato, le keynésianisme, qui tint le haut du pavé pendant les 30 glorieuses puis fut tant décrié, retrouve du lustre parce que ses mécanismes globaux de base, bien que schématiques, restent fonctionnels : l’austérité pèse sur une demande déjà atone et conduit inéluctablement à la récession puis à la déflation, au chômage et à la misère ; sa généralisation enclenche alors une spirale déflationniste (baisse des prix et hausse du chômage) car l’austérité des uns ferme les débouchés des autres. [↩] Cet article vous a plu, diffusez-le :

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 17:56

TousIMG 1714 vendredi 19 avril à 12h45 devant l'entrée de la raffinerie à Petit Couronne pour manifester notre soutien aux salariés et pour:                     Pétroplus : nationalisation ! manif 18 Mars paris

Depuis un an et demi, les salariés de Pétroplus luttent pour le maintien de leurs emplois, pour la sauvegarde de leur outil de travail. 

Aujourd'hui, 16 avril 2013, le Tribunal de commerce de Rouen a rejeté deux offres de reprise, décidant ainsi la liquidation de la raffinerie. Le sort de 470 salariés auxquels il faut ajouter 400 employés des sous-traitants et 3 600 emplois indirects était suspendu à cette décision. 

Il est inadmissible de laisser les tribunaux de commerce arbitrer la vie des salariés et de leurs 
familles ainsi que la politique industrielle. 

Le gouvernement a beau exprimer régulièrement son soutien aux salariés, il laisse finalement fermer les entreprises viables. Début janvier à Louviers, le Président de la République s'était bien gardé de promettre du concret. L’État est « au côté » des salariés, « l’État fera son devoir mais l’État ne peut pas être le repreneur », avait-il pris la peine de préciser. 

Pourtant, c'est le candidat Hollande qui déclarait, un an auparavant, devant les mêmes salariés : « Où est l’État, où est le gouvernement, où est le président de la République ? » Aurait-il donc la mémoire courte ? 

Militant-e-s ou élu-e-s du Front de gauche, nous n’acceptons pas que l’État reste l’arme au pied. 
L’État peut et doit sauver la raffinerie et les emplois ! C’est sa responsabilité. C’est en son pouvoir. 
C’est un enjeu politique majeur. Il n'est plus temps de tergiverser ! Le gouvernement doit agir en décidant la réquisition et la nationalisation sous contrôle social de la raffineriesoutien petroplus GL PD TF B Dugjlm salut mascotte

Les salariés de Pétroplus ont su maintenir, depuis 18 mois, la raffinerie en état tout en assurant le respect de Norme environnementales.

Ils ont montré qu’ils possédaient le savoir-faire, la  compétence pour faire fonctionner l’entreprise. 

Face au démantèlement accéléré des outils de travail, appuyons-nous sur la volonté des citoyens 
qui sont favorables à une intervention de l'État pour empêcher la fermeture des entreprises.

Il est urgent d'en prendre lecontrôle pour décider de maintenir ou de créer des activités 

socialement et écologiquement utiles. 

Nous voulons mettre en œuvre une rupture concrète avec la loi du profit et de la finance, une 
véritable politique de gauche. Nous exigeons donc la nationalisation sous contrôle des salariés et des pouvoirs publics. 

Oui, pour le Front de gauche, nous l'affirmons : « L’alternative à l’austérité, c’est possible » ! 

Le Front de gauche affirme sa solidarité et son soutien à tous les salariés de Pétroplus qui se battent pour sauver leurs emplois et appelle à la convergence des luttes en cours pour faire entendre la voix des salariés.

Pour refuser la destruction des emplois et mettre un coup d'arrêt au chômageNous avons la force et le nombre pour nous. 

Seul un large front syndical, social et politique peut imposer une solution positive qui empêchera la destruction de leur outil de travail et assurera l'avenir. 

_____________________________________________ 

Front de gauche 76 

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 23:02

Chômage : la dangereuse politique du laisser-faire

Par Laurent Mauduit  de Mediapart. C’est décidément un séisme social que connaît la France. Avec chaque mois, une nouvelle vague de demandeurs d’emploi, nourrie par des plans sociaux à n'en plus finir, des charrettes de licenciements ou de ruptures conventionnelles. Un séisme social, qui va porter le chômage dans le courant de l’année 2013 à un niveau historique et que François Hollande s’applique à minimiser, en promettant que la tendance va s’inverser dans le courant de l’année prochaine.

Plus les mois passent et plus l’engagement apparaît fragile. Surtout, moins le chef de l’État peut alléguer de l’héritage pour expliquer cette hausse dramatique. Car la politique d’austérité qu’il conduit commence à peser sur l’activité. Et la politique sociale est notoirement sous-calibrée pour répondre à l’état d’urgence. En bref, cette vague sans précédent de chômage, François Hollande commence à en être lui-même partiellement responsable.

Les chiffres sont catastrophiques. Pour le dix-neuvième mois consécutif, le nombre des demandeurs d’emplois a de nouveau progressé en novembre. La hausse a touché précisément 29 300 personnes (+0,9 %), ce qui porte le nombre des demandeurs d’emplois de la catégorie A, c’est-à-dire la catégorie la plus restreinte, à 3 132 600 en France métropolitaine. Sur un an, le nombre des demandeurs d’emplois a progressé de 304 600, soit une hausse de 10,8 %.

Mais si on prend en compte le décompte le plus large, c’est-à-dire les catégories A, B, C, D et E, on parvient à des chiffres encore plus vertigineux. Le nombre des demandeurs d’emplois est dans ce cas passé de 4 819 300 en novembre 2011 à 5 241 900 en novembre 2012, ce qui correspond à une hausse annuelle de 422 600 personnes. Ce qui laisse sous-entendre que la pauvreté doit, elle-même, gagner actuellement beaucoup de terrain et pourrait franchir la barre des 10 millions de personnes dans le courant de l’année 2013.

« La débâcle de l’austérité »

Le plus préoccupant, c’est que, selon toute vraisemblance, les prochains mois seront aussi sombres. C’est ce que suggère la dernière Note de conjoncture publiée le 20 décembre par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) (lire L’alarmante radiographie de l’échec économique). L’Insee fait valoir que la France devrait rester enlisée dans une situation de croissance zéro. Et de ce fait, la France est en passe de battre le record historique du taux de chômage de 11,2 % de la population active qu’elle avait atteint dans le courant de l’année 1997. Après avoir atteint un point bas à 7,7 % au deuxième trimestre de 2008, ce taux de chômage (y compris Dom-Tom) est reparti à la hausse. Et selon l’Insee, il pourrait culminer à 10,5 % fin décembre 2012 avant d’atteindre 10,9 % à fin juin 2013. 

Toujours selon l’Insee, le nombre des chômeurs (au sens du BIT), après avoir augmenté de 226 000 en 2012, devrait continuer de progresser à une vitesse presque aussi rapide au premier semestre de 2013, soit sans doute +109 000 personnes. Compte tenu de ces tendances très défavorables, la plupart des experts estiment très improbable que François Hollande puisse honorer son engagement d’une inversion de la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année.

Certes, il ne ménage pas sa peine pour tenter de convaincre l’opinion du contraire. Ce jeudi matin, il était ainsi au marché de Rungis (Val-de-Marne), de bonne heure, pour rappeler son credo : « À la fin de l’année 2013, nous devons inverser la courbe du chômage. (…)Je devais dans cette période de fêtes dire aux Français que nous devons être tous sur le pont pour le travail et la lutte contre le chômage. (…) L’année, c’est 365 jours, donc ceux qui ont la responsabilité à la tête du pays se doivent d'être présents 365 jours. (…) Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de droit aux vacances et aux congés, mais le président doit être là pour faire comprendre aux Français que le pays est dirigé. » On peut l’écouter ci-dessous, au micro de France Info : Et voici une semaine, vendredi 21 décembre, sur Europe 1, le président avait déjà dit à peu près la même chose. « Le chômage ne va cesser d’augmenter pendant un an », mais « la volonté qui est la mienne, c’est qu'à la fin de l’année 2013, et ça va être long, il y ait une inversion » de la courbe, c’est-à-dire que le chômage « à ce moment-là régressera. »

Pourtant, le message présidentiel relève de la méthode Coué. Par-delà l’aspect aléatoire d’une telle prévision, la seule question qui compte est de savoir si la politique économique et sociale du gouvernement contribue, peu ou prou, à la réalisation de l’objectif. Or plusieurs raisons permettent malheureusement d’en douter.

D’abord, il y a la politique économique d’ensemble du gouvernement qui est marquée par une forte austérité. Afin de ramener les déficits publics à 3 % du produit intérieur brut (PIB) dès 2013, le gouvernement a décidé de couper de manière énergique dans les dépenses publiques. Et la décision de mettre en chantier un « choc de compétitivité » en faveur des entreprises, pour un montant de 20 milliards d’euros, a renforcé encore davantage le caractère restrictif de la politique économique française puisqu’il faut, de ce fait, que le gouvernement trouve au total, près de 12 milliards d’euros d’économies par an pour atteindre son objectif d’équilibre des finances publiques d’ici la fin du quinquennat.

Or chacun comprend bien les conséquences d’une telle politique : appliquer de l’austérité à une économie au bord de la récession ne peut que la fragiliser encore plus. Sous le titre La débâcle de l’austérité, c’est ce qu’explique une récente étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), que l’on peut consulter ci-dessous : Le stupide théorème de Schmidt

Du même coup, on comprend la fragilité des prévisions économiques du gouvernement. Le scénario de l’Insee aboutit à ce que « l’acquis de croissance » (ici la définition) ne dépasse pas 0,1 % à la fin du mois de juin 2013. Or le gouvernement a construit tout son budget de 2013 sur une hypothèse de croissance de 0,8 %. Pour que cet objectif soit tenu, il faudrait donc que la croissance accélère brutalement et atteigne des chiffres de l’ordre de 0,8 % au troisième trimestre et de 1,2 % au quatrième trimestre. Ce qui est proprement impensable. Conséquence implacable : sur le front du chômage, la prévision présidentielle pêche, elle aussi, par optimisme. En bref, la politique d’austérité va forcément conduire à plus de chômage que prévu.

Mais à cela s’ajoutent encore d’autres raisons. En particulier, il est apparu de plus en plus nettement au fil de ces derniers mois que le gouvernement a fait le choix de conduire une politique néo-libérale, dite de l’offre. En clair, tout a été fait pour favoriser les entreprises, avec l’arrière-pensée que ces aides conduiraient à une amélioration sur le front de l’emploi et du chômage. C’est la logique supposée du « choc de compétitivité » voulu par le gouvernement, au terme duquel les entreprises vont percevoir 20 milliards d’euros sous forme de crédit d’impôt.

Or, ce choix-là risque de rater sa cible pour deux raisons. La première, c’est qu’aucune étude économique n’atteste que l’amélioration de la situation économique des entreprises conduise à une baisse du chômage. C’est la faille bien connue du fameux « Théorème de Schmidt ». On se souvient que le chancelier allemand Helmut Schmidt avait pris en son temps pour cap ce principe : « Les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain. » À l'époque, son allié et ami français, Valéry Giscard d'Estaing, avait repris cette maxime à son compte, ce dont se moquaient les socialistes français, non sans raison. Car dans le capitalisme d’actionnaires auquel la France s’est convertie, cela ne fonctionne jamais comme cela : les profits d’aujourd’hui font d'abord… les dividendes de demain.

Et c’est donc le risque pris par le gouvernement : en accordant 20 milliards d’euros de crédits d’impôt aux entreprises, sans leur demander en contrepartie le moindre engagement, il va alimenter le plus souvent des comportements d’aubaine. Cela va tout bonnement venir gonfler les dividendes d’entreprises qui sont déjà très généreuses avec leurs actionnaires, et d’abord les entreprises du CAC 40.

Ce choix d’une politique économique néo-libérale est confirmée par un autre chantier ouvert par le gouvernement, celui de la réforme du marché du travail. Encore une fois, l’arrière-pensée est transparente : l’Élysée veut faire croire qu’une plus grande flexibilité peut conduire à davantage de créations d’emplois. Mais en vérité, beaucoup d’études attestent que l’effet n’est pas exactement celui-là : une plus grande flexibilité peut accroître la rapidité des embauches en période de croissance et accroître celle des licenciements en période de stagnation, mais sans que le stock total d’emplois n’en soit modifié sur une longue période. En clair, la flexibilité crée d'abord… de la flexibilité ! Mais elle ne créée pas plus d’emploi. Ou si elle en crée, ce sont seulement des emplois… précaires !

Ces choix sont révélateurs aussi d’une autre arrière-pensée : si le gouvernement considère que le pays est en situation d’urgence économique, il n’a jamais semblé penser qu’il était aussi en situation d’urgence sociale. Car après tout, il aurait tout aussi bien pu considérer que l’envolée dramatique du chômage exigeait une mobilisation exceptionnelle de tout le pays. Et des moyens financiers tout aussi exceptionnels. En somme, il aurait pu considérer que la baisse du chômage ne serait pas la résultante ultime de la politique économique, mais sa première priorité. Et qu’il convenait, à cette fin, de lancer une sorte de New Deal à la française. Ou une sorte de réunification à l’allemande. Avec un objectif majeur : faire tomber le Mur… du chômage !

  • Mais cette volonté-là, le gouvernement ne l’a visiblement pas. Car si le retour à l’équilibre des finances publiques et le « choc de compétitivité » mobilisent toutes ses marges de manœuvre, il n’en a, par ricochet, plus aucune pour la politique sociale. Pas de « choc anti-chômage » : François Hollande a, de toute évidence, fait le choix de mettre en œuvre des moyens très limités pour faire refluer le chômage.

Les risques de l'effet d'aubaine

Parmi ces moyens, il y a d’abord les emplois d’avenir – nouvelle variante de ce qu’étaient autrefois les « emplois jeunes ». Dans la panoplie infinie des mesures relevant du traitement social du chômage, ces mesures-là sont assurément utiles, puisqu’elles offrent une première expérience professionnelle pour les jeunes de 16 à 25 ans, même si elles sont financièrement coûteuses, l’État assurant le financement du dispositif à hauteur de 75 % du salaire brut pour une rémunération à hauteur du Smic. Encore faut-il que l’État décide de mettre de gros moyens pour que l’effet sur les chiffres du chômage soit sensible.

Or, dans le cas présent, la politique d’austérité choisie par le gouvernement fait peser sur ces contrats d’avenir une très forte contrainte. D’abord, leur nombre sera limité : violant les engagements de son propre parti qui, dans son projet élaboré au printemps 2011, prévoyait 300 000 contrats d’avenir, François Hollande n’en a promis que 150 000 lors de sa campagne présidentielle, soit moitié moins, dont 100 000 dès 2013 et 50 000 en 2014. Il s’en était expliqué par exemple dans une émission de la radio Le Mouv’, le 23 janvier dernier (à écouter à partir de 3’45’’) :

 L’explication avancée pour justifier ce choix retient l’attention. François Hollande faisait en effet valoir que la conjoncture ne permettait pas d'aller au-delà de ces 150 000 contrats : « Dans un premier temps, c’est ce que la croissance nous autorise à financer. » Et quand on y pense, l’argument est terrible. Il peut s’énoncer d’une manière plus directe : plus la croissance est faible, plus le chômage s’emballe, mais plus les moyens financiers dédiés à le faire refluer seront faibles. Le principe énoncé alors par le candidat entérinait donc une sorte de fatalisme ou de résignation : en vérité, on ne peut pas faire grand chose contre le chômage.

Il ponctuait son propos d’une formule à peine plus optimiste : « Si la croissance nous offre des libertés nouvelles, nous en ferons davantage. Mais moi, mon devoir, c’est de dire la vérité. » Mais, avec le recul, en cette fin d'année 2012, dans la conjoncture présente, on en mesure bien les limites : puisque la politique d’austérité conduit durablement à une situation de croissance zéro, il n’y aura pas de « libertés nouvelles » pour créer davantage de contrats d’avenir. C’est l’histoire du chat qui se mort la queue… Accessoirement, le gouvernement a prévu des crédits budgétaires très limités pour financer le dispositif. Le coût de la mesure ne sera en effet que de 2,3 milliards d'euros pour les trois ans à venir, à savoir 500 000 millions d'euros pour 2013, puis 1,5 milliard par an lorsque les emplois d'avenir seront installés. Et le financement sera assuré par le simple redéploiement des exonérations sur les heures supplémentaires. Or que vaut une politique sociale qui ne coûte rien ? La réponse est induite par la réponse : pas grand-chose !

Et puis, selon le gouvernement, il existe un second grand levier dans le traitement social du chômage, ce sont les contrats de génération, qui constituaient l’engagement phare de François Hollande et qui font l’objet d’un projet de loi qui sera examiné par le Parlement dans le courant du mois de janvier.

À la différence des emplois d’avenir, qui est ouvert en priorité aux jeunes sans qualification, ces contrats de génération bénéficieront à tous les jeunes, quelle que soit leur qualification, et les entreprises privées pourront aussi en profiter. Le gouvernement prévoit ainsi un peu plus de 100 000 contrats signés dès 2013, puis environ 130 000 en 2014 et les années suivantes. Soit 500 000 jeunes sur la durée du quinquennat.

Mais les critiques dont ce contrat de génération peut faire l’objet sont encore plus sévères que pour le contrat d’avenir. D’abord, parce que le gouvernement a choisi d’y affecter des moyens financiers encore plus limités : pas plus de 180 millions d’euros en 2013, somme qui sera portée à 540 millions en 2014, puis 790 millions en 2015 et près de 1 milliard en 2016.

Mais surtout, ce contrat de génération risque de susciter un « effet d’aubaine » massif. Lors des primaires socialistes, c’est Martine Aubry qui, la première, avait usé de cette formule cinglante. Et tout le monde y avait vu la manifestation d’une aigreur socialo-socialiste. Pourtant, beaucoup d’experts, même de sensibilité de gauche, donnent raison à l’ex-première secrétaire socialiste.

C’est le cas par exemple de l’économiste Philippe Askenazy (ici sa biographie), qui est chercheur à l’École d’économie de Paris et qui est l’un des meilleurs spécialistes français de l’emploi. « Dans leur grande majorité, même sans exonération de charges, ces jeunes seraient embauchés par les entreprises. L'effet d'aubaine sera majeur », répète-t-il à longueur d’entretien. C’est ce qu’il disait avant même l’élection présidentielle, par exemple ici dans L’Express, et c’est ce qu’il ne cesse de répéter depuis, et notamment ce jeudi dans un reportage (non mis en ligne) sur France Info.

Alors, paraphrasant la formule malheureuse mais révélatrice de François Mitterrand, François Hollande pourra dire qu’il aura « tout essayé contre le chômage ». Tout… ce qu’autorise la doxa néo-libérale. Et on sait qu'elle autorise peu de choses. Un peu de traitement social du chômage, et pour le reste, il faut laisser faire la main invisible du marché. Car, c'est cela, au fond la politique de François Hollande : la dangereuse politique du laisser-faire…

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 23:56

Sur France 2, François Hollande a donné des injonctions contradictoires de l’austérité et de la croissance, du désendettement et du redressement. Gouverner par gros temps n’est pas chose aisée et exigent d’un chef de l’Etat de l’autorité et de la modestie. Lors de sa prestation, François Hollande s’est efforcé de convaincre qu’il détenait toutes ces qualités, témoignant même d’une forme d’autorité raisonnée, conforme à cette souveraineté limitée qui est celle des Etats européens, contenue par le corset étroit des règlements qu’a tissés l’Union européenne depuis le traité de Maastricht, soumis à la tutelle des marchés et des agences denotation.  Il m’est arrivé, l’écoutant, de penser : « Quel bon président de droite il ferait ! »aubry hollande même piéce

Qu’est-ce que la souveraineté en effet sinon un double processus qui confère à l’Etat un pouvoir effectif (celui de battre monnaie par exemple) et un dispositif représentatif, une certaine symbolique de l’État (son protocole, ses rituels, ses cérémonies) ? A partir du moment où la souveraineté de l’Etat est battue en brèche par la construction européenne et la mondialisation des marchés financiers, le dispositif de représentation du pouvoir apparaît comme une coquille vide, un simulacre aux mains des communicants. Le couple que constituaient le pouvoir et son dispositif de représentation s’est brisé en deux : d’un côté, un pouvoir sans visage, une bureaucratie anonyme, de l’autre des hommes d’Etat désarmés, un roi nu. D’un côté, des décisions sans visages, de l’autre des visages impuissants. Résultat de cette dislocation : l’action est perçue comme illégitime et la parole a perdu toute crédibilité.  

La spirale de la perte de légitimité

Le discours volontariste (churchillien) que le chœur des éditorialistes ne cesse d’invoquer dans une touchante unanimité, n’est qu’une façade qui tente de masquer l’impuissance relative des Etats européens soumis à la règle d’or. Depuis la révolution néolibérale, le volontarisme s’est imposé comme une figure paradoxale. Plus l’Etat est désarmé, plus il doit afficher son volontarisme.

Mais la perte de crédibilité de la parole publique n’est pas un phénomène conjoncturel, elle n’est pas liée seulement au contenu des discours ou à la sanction des promesses non tenues ; elle est le produit d’une contradiction structurelle du néolibéralisme.  Marx avait bien vu que le capitalisme de son temps était tout à la fois basé sur le profit et tenaillé par la baisse tendancielle des taux de profit. De même le néolibéralisme, qui s’appuie sur le crédit, est miné par une baisse tendancielle de la confiance qui se manifeste par la perte de crédit de l’Etat aux yeux de ses électeurs et de ses créanciers.

En dérégulant la finance et en déprogrammant l’Etat, la révolution néolibérale des années 1980 a absorbé l’espace même du politique, condamnant l’homme politique. La scène politique se déplace : des lieux de la délibération et de la décision politique (forum citoyens, meeting des partis politiques, assemblées élues, ministères) vers les nouveaux espaces de légitimation (TV, médias et Internet). L’explosion des réseaux sociaux comme Twitter et les chaînes du tout-info ont pulvérisé le temps politique.

La fonction journalistique s’est déportée de ses missions originelles – l’enquête, le reportage, l’analyse politique, bref, l’information – vers une fonction de décryptage visant à découvrir sous les apparences trompeuses de la vie politique la vérité d’un calcul, les ressorts d’une histoire, le secret d’un montage narratif. Sondages et décryptage sont désormais les deux facettes d’une démocratie sans repères, sans frontières, désorientée, qui a substitué le récit à l’action, la distraction à la délibération. La crise de la représentation politique est entrée dans sa phase terminale. C’est l’état d’alerte pour les démocraties.

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