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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 16:57

POUR UNE NOUVELLE EMANCIPATION

 De grands bouleversements sont à l’ordre du jour qui vont mettre a l’épreuve la société humaine toute entière. Notre époque est celle où se nouent en même temps une crise globale du système économique et un désastre écologique ; et où les tensions, conflits et contradictions s’aiguisent à l’échelle de la planète. La crise manifeste l’impasse que représentent le capitalisme et le modèle productiviste qui l’accompagne. En ce sens nous sommes confrontés à une crise de civilisation et pas seulement a un grand disfonctionnement du système qu’une cure de moralisation ou de régulation pourrait résoudre.

 Le « programme fondateur » du parti de Gauche doit prendre à bras le corps les défis posés à l’humanité, indiquer une vision de l’avenir, cerner les grands enjeux, dessiner les contours d’un projet de société, indiquer les leviers pour y parvenir, définir une stratégie. Il ne peut pas être le produit d’une élaboration en vase clos ; il doit faire l’objet de débats et de confrontations avec diverses histoires et cultures politiques, avec les expériences issues du mouvement social dans sa richesse et sa diversité.

 Dans ce contexte, le « mouvement ouvrier », les « gauches » ne sont pas en bonne posture. Ils sortent ébranlés par les défaites du siècle passé. La grande espérance révolutionnaire de dépassement du capitalisme qui avait émergé comme réponse à la barbarie de la première guerre mondiale a sombré dans le cauchemar bureaucratique et policier du stalinisme et de ses variantes. Les tentatives de transformation par les réformes progressives ont vu leurs protagonistes sociaux-démocrates finir dans la gestion du capitalisme libéral.

Dès lors, les idées de socialisme, de communisme, qui avaient symbolisé l’espérance du changement social, ont perdu la force d’entraînement que l’adhésion de dizaines de millions d’hommes et de femmes de par le monde leur donnait. Les mots eux-mêmes qui servent à les désigner ont été profondément dévalorisés.

Face à des droites qui ont trouvé un nouvel élan dans la contre-révolution libérale conservatrice de ces dernières décennies, c’est la désorientation qui domine à gauche.

Et pourtant, la crise actuelle du capitalisme fait taire les propagandistes de la « fin de l’Histoire ».

Le capitalisme libéral n’a pas débouché sur la nouvelle ère de prospérité promise. Les foyers de tensions et de guerres se sont étendues. Le désastre écologique et climatique qui s’avance met en cause la légitimité même du système dans les esprits les plus éloignés de la politique.

 Chacun le constate : tandis que la richesse et les biens produits augmentent, l’exploitation perdure et les inégalités se creusent, la souffrance au travail se développe et les fléaux sanitaires se multiplient.

Les ressources des sciences et des techniques se sont accrues, mais elles sont asservies aux objectifs mutilant de la marchandisation de tout.

Ces paradoxes interpellent nombre de consciences. La perception des dangers de la crise de l’écosystème et les impasses du capitalisme et du productivisme ont accru la disponibilité pour imaginer d’autres modèles de société pour le futur.

Nombreux sont celles et ceux qui voient bien que la sortie de crise que vise le capitalisme ne peut qu’aggraver la situation et les tensions.

Comment croire aux discours des principales puissances qui portent le libéralisme quant à leur volonté de trouver les voies d’une impossible « moralisation » de la globalisation financière grâce à une illusoire « nouvelle gouvernance ».

Comment admettre que pour toute réponse aux défis de l’histoire, les possédants aient pour seul projet de restaurer les profits évaporés en accentuant la surexploitation du travail et des ressources de la planète.

Comment supporter de les voir étendre sans cesse la sphère de la marchandisation, mobiliser leur énergie dans le seul but de conquérir de nouveaux marchés et de nouvelles opportunités de profit, se déchaîner pour de nouveaux objectifs de domination du monde.

Face à ces défis, les résistances s’organisent, des luttes se mènent, de nouvelles perspectives se cherchent partout dans le monde. Des avancées et des reculs ici et là ponctuent le moment. Pour l’heure aucune dynamique d’ensemble ne se dessine. Pour contribuer à l’émergence d’une issue positive pour la civilisation humaine, nous pensons que l’heure est à la refondation d’un projet tirant les leçons du passé et s’appuyant sur les potentialités nouvelles. L’heure est à la reconstruction d’une nouvelle gauche capable de faire la synthèse du meilleur des traditions du mouvement ouvrier, de l’écologie politique, des combats républicains et des nouveaux mouvements sociaux (féminisme, altermondialisme…) afin de porter une telle ambition.

 Dans cet esprit, nous organisons notre vision autour du mot qui la résume, à tous les niveaux d’échelle de la réalité, de l’individu à la société toute entière : EMANCIPATION. L’émancipation de l’être humain est un projet global. Il s’oppose point pour point à celui des libéraux qui vise au contraire à émanciper les forces aveugles du marché de toute contrainte politique et démocratique.

Dans l’émancipation, le point de départ et d’arrivée est la personne humaine. C’est cette dernière qu’il s’agit de rendre auteur de sa propre émancipation visà-vis des servitudes de l’ignorance, de la méséducation, de l’inégalité sociale, du règne de l’argent et de l’égoïsme, des dominations culturelles et symboliques, du consumérisme.

Dans notre pays, ces questions se posent avec acuité. La contre-révolution sarkozienne menace d’emporter le pacte social et républicain.

Les mobilisations sociales ne parviennent pas à fissurer le mur patronal et gouvernemental. La ratification du Traité de Lisbonne par les élites contre les peuples porte atteinte à la souveraineté populaire et à la démocratie. La gauche dans sa diversité n’apparaît pas en capacité d’incarner une alternative crédible.

Le PS aujourd’hui dominant s’oriente vers de nouveaux renoncements et des alliances au centre, sources de nouvelles décompositions.

Pourtant, l’ampleur des mobilisations sociales de ces dernières années et la conscience politique révélée par la victoire du Non au référendum de 2005 montrent qu’il existe de grandes potentialités pour ouvrir une autre voie.

Il y a urgence à faire surgir une alternative qui redonne l’espoir et permette de remobiliser les classes populaires de plus en plus gagnées par le désengagement électoral.

Pour cela, nous voulons reconstruire une perspective majoritaire à gauche sur des propositions de rupture avec le modèle libéral/productiviste.

Par la bataille idéologique et politique autour de ces propositions, nous voulons rassembler un bloc social majoritaire de toutes celles et ceux qui ont intérêt au changement progressiste.

La condition, c’est une dynamique à gauche pour changer les rapports de forces internes à la gauche, y battre la domination social-libérale, y faire prévaloir l’ambition d’une rupture transformatrice.

Le moyen, c’est d’abord le rassemblement de la gauche de transformation.

La méthode c’est son articulation aux luttes et au mouvement social, l’affirmation de son objectif majoritaire en s’engageant de façon autonome au 1er tour des élections, puis le désistement/rassemblement au 2ème tour pour battre la droite.

Le Parti de Gauche est un levier décisif et essentiel pour entreprendre cette refondation/reconstruction à gauche.

Mais nous ne prétendons pas y parvenir seuls. Nous voulons le faire en lien avec tous les courants politiques et les forces sociales qui partagent cette ambition.

Dans la perspective de notre congrès de fin 2009, nous voulons soumettre au débat de tous, nos réflexions pour l’élaboration de notre programme.

Nous organisons donc, dans la phase préparatoire de notre congrès, des échanges et des débats autour des éléments que nous versons à la réflexion collective. Notre objectif dans ces échanges est d’approfondir notre compréhension du moment que nous vivons et d’élargir le champ de nos propositions.

La tâche peut paraître écrasante. Comme les défis sont immenses ! Comme nos moyens semblent dérisoires ! Assurément. Mais qu’avons-nous de plus efficace que notre propre engagement pour que le futur se fasse avec nous ?

Vous souhaitez débattre avec nous, inscrivez vous sur "vensemble@aposte.net" nous vous inviterons à nos réunions

 

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Published by Contribution au débat public du Parti de Gauche - dans Politique
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