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Le Blog de Gérard Letailleur
Oui la Crise, la crise et encore la crise.
Alors cette crise : quelques mois ? quelques années ? et combien ?
Les remèdes vont ils guérir le malade ou l'affaiblir davantage au risque de le tuer ?
Que de question !!!
Ce qui m'amène à vous joindre un document qu'il est utile de lire, de part l'éventail des personnes qui s'expriment, et qui ne peut qu'alimenter notre propre réflexion.
Nous subissons une triple crise : financière, économique, mais également idéologique. La crise est d’abord économique et financière.
Il faut débarrasser le système des créances pourries qui en menacent la viabilité. Les gouvernements et les experts tâtonnent encore, même si un consensus semble actuellement se dessiner pour une solution à la suédoise (entrer au capital des banques et assureurs à leur valeur actuelle, soit presque rien, les actionnaires perdent tout, les profits de la revente ultérieure vont au contribuable).
Quand les créances pourries auront été chiffrées, la crise financière sera, pour l’essentiel, derrière nous. C’est cette inconnue qui maintient les marchés la tête sous l’eau.
Si ce sont les États – pas les banques ! – qui nous sauveront du gouffre, il ne faut pas en attendre autre chose. Dès à présent, les entrepreneurs – au vrai sens du mot – conçoivent les solutions et les modèles du futur. Eux seront prêts quand la crise financière s’achèvera et ce sont eux qui dessineront l’avenir.
Mais la crise est également idéologique. En tant que fondateur de l’institut Hayek, on ne peut pas me soupçonner de nourrir une hostilité de principe à l’égard de la pensée libérale.
Toutefois, je déplore le côté pavlovien de la plupart de ces intellectuels – idéologues me paraît un mot plus adéquat – libéraux qui, depuis le début de la crise, ne cessent de nous seriner un « C’est la faute de l’État ! » tout aussi éclairant et sensé que le « C’est la faute au marché ! » des ennemis traditionnels de la liberté.
Je constate qu’à ce jour, l’idéologie libérale, tout à son hostilité fétichiste de l’État, est conceptuellement inapte à rendre compte des institutions à risque systémique et du traitement de leur défaillance. Il y a là un travail théorique passionnant qui attend les intellectuels libéraux qui voudront bien quitter leur arrogance pour se réintéresser à la réalité dans toute sa complexité.
La crise s’achèvera quand les créances pourries auront été chiffrées ; ce sont les États qui nous sauveront du gouffre dans lequel des politiques inconsidérées et des banquiers et actionnaires incompétents nous ont précipités ; et ce sont les entrepreneurs qui, émergeant de la crise, nous montreront, une fois encore, the way of the future.