Trois millions de citoyens en colère
Le mouvement social du 29 janvier était un premier coup de semonce. Celui du 19 mars en est la réplique. Plus forte. Plus déterminée.
De Marseille à Paris en passant par Rouen, Le Havre, Strasbourg, Bordeaux, près de 3 millions de travailleurs sont descendus dans les rues pour crier leur colère.
Clamer au couple Sarkozy-Parisot leur refus de payer la crise, exiger le maintien de leur emploi, l’augmentation de leurs salaires, le renforcement du service public. Leur dire que ça suffit comme ça.
De nombreux
salariés du privé touchés par les plans sociaux ont ouvert les cortèges donnant aux manifestations une nouvelle dimension.
Ainsi à Compiègne les ouvriers de Continental ont été accueillis par une haie d’honneur. Le
secteur public était représenté dans toutes ses composantes : les transports, les hôpitaux victimes de fermetures drastiques, la poste, les enseignants… sans compter les médias (Radio France,
AFP).
Jeunes et moins jeunes (lycéens, étudiants, retraités), ont défilé coude à coude dans la bonne humeur, déterminés dans leur refus de la politique libérale du gouvernement. Aux syndiqués (CGT, CFDT, FO, CFECGC, CFTC, Solidaires, FSU, Unsa) se sont joints des non syndiqués.
Une journée d’action réussie à laquelle le Front de Gauche créé par le PCF et le PG a pris toute sa place. Par sa mobilisation. Par son tract « Front de Gauche pour changer d’Europe : Unité dans la rue, unité dans les urnes » invitant les citoyens à dire « non à Sarkozy et à l’Europe libérale du traité de Lisbonne, oui à une Europe démocratique, sociale, écologique et de paix » le 7 juin, lors des élections européennes.
Sans compter le sticker de PG : « cassetoi pov’con », que les manifestants s’arrachaient.
Reste à savoir combien de temps le pouvoir en place pourra continuer à faire la sourde oreille à un mouvement social et une mobilisation populaire d’une telle ampleur.