Mercredi 25 mai 2011 3 25 /05 /Mai /2011 00:46

Le populisme déferle Puerta del Sol

puerta-del-sol

Les garde-frontières postés autour de l’Europe forteresse n’y pouvaient rien. La contagion tant redoutée des pays arabes n’est pas passée par Lampedusa. Ce n’est pas une immigration incontrôlée qui est venue de la rive sud de la Méditerranée mais la révolution citoyenne. La voilà désormais en plein Europe. Seuls les racistes et les communautaristes endurcis ne voient pas les points communs entre le mouvement de la Puerta del Sol espagnole et celui de l’Egypte ou de la Tunisie. Même occupation des places publiques. Même rôle central de la jeunesse et du précariat portant les aspirations du plus grand nombre à la sécurité de l’existence. Même libération de la parole dans un système politique verrouillé. Même dénonciation d’une oligarchie au service de la finance. Même contournement des médias traditionnels.

 

Descendue dans la rue pour demander du travail, une génération réalise que le pouvoir en place est incapable de satisfaire cette exigence qui paraît pourtant si simple aux yeux de ceux qui l’expriment. Il lui faut donc changer les dirigeants. Non pas tel ou tel, au détail. Tous ! Pour commencer il faut les nommer. Là-bas c’est la kleptocratie ou la « partidocratie ». En Espagne on pointe le bipartisme (sociaux-démocrates/parti populaire). En France, ce serait l’oligarchie. Ainsi nommé on sait qui l’on combat. Et l’on combat déjà en opposant aux apparences de la démocratie la réalité de ceux qui détiennent le pouvoir. Contre l’oligarchie, partout les indignés et autres «dégagistes » opposent la même alternative, le pouvoir du peuple, revendiquant la démocratie là où règne la dictature et la démocratie « réelle » dans les démocraties officielles.

Ah bon c’est tout se disent certains ? Mais la dimension révolutionnaire de cette exigence ne tient pas à sa fidélité au verbe socialiste. Elle tient au fait qu’elle ne peut être satisfaite dans le cadre du système actuel. Elle est même à l’opposé de la logique du capitalisme financier. La domination de la finance est l’ennemi premier de la souveraineté populaire. En ce moment les gouvernements eux-mêmes semblent le découvrir. Il faut entendre le gouvernement de l’Italie récemment menacée d’une baisse de sa note dénoncer l’arbitraire des agences de notation ! Même l’empire états-unien et sa montagne de dettes jusque-là épargné a dû subir un affront d’une de ces agences. Elle s’est contentée d’un avertissement mais la simple mise en cause des Etats-Unis est déjà une première. La révolution citoyenne répond à cette dictature des marchés financiers quand les pouvoirs en place se contentent de protestations sans lendemain, sans chercher à reprendre la moindre parcelle de pouvoir sur la finance, pas même celui de décider souverainement son budget, condition pour décider librement sa politique.

Il faut dire que les politiques alternatives sont interdites par le traité européen de Lisbonne qui a fait sciemment le choix, à la demande des dirigeants allemands, de désarmer les Etats pour les soumettre aux marchés obligataires mondiaux. Le « bipartisme » dénoncé par les espagnols résonne dès lors dans toute l’Europe victime de la soumission conjointe au carcan libéral du traité de Lisbonne des conservateurs et des sociaux-démocrates. En France, il rappelle les « oui compatibles », dont nous fêtons la défaite ce dimanche 29 mai, qui continuent dans le soutien d’Aubry et Hollande à Lagarde pour remplacer à la tête du FMI un DSK hier soutenu par Sarkozy. Ici comme là-bas nous avons donc les mêmes raisons de faire la révolution citoyenne.

Par Gérard Letailleur - Publié dans : Politique
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Mardi 24 mai 2011 2 24 /05 /Mai /2011 01:25

Espagne: Rien ne doit arrêter la révolution citoyenne!

Espagne élections municipalesCe sont plus de 23 millions d'espagnol-e-s, soit 66,2% des citoyen-ne-s inscrit-e-s sur les listes électorales, qui se sont déplacé-e-s dimanche pour voter.

« L'abstention n'augmente pas ». Ca dépend de l'angle sous lequel on prend les choses. On est effectivement 3 % au-dessus de la participation de 2007 à ces élections. Mais on est aussi largement en-dessous des 73,5% de votant-e-s des élections législatives de 2008. Par ailleurs, un nombre signifiant de votant-e-s a décidé de mettre un bulletin blanc ou nul dans l'urne (près de 6%). La désaffection électorale n'est donc pas négligeable. Le message des urnes n'en est pas moins clair: le gouvernement du PSOE a été sévèrement sanctionné pour ses politiques d'austérité drastique et sa gestion définitivement plus libérale que sociale de la crise.

Le PP (équivalent de l'UMP) vient donc d'obtenir le meilleur résultat de toute son histoire pour ce type d'élections. Il obtient 10% de plus que le PSOE mais ne renouvelle cependant pas son score de 2008.

Face à la défaite historique du PSOE, Zapatero se contente de "regretter ne pas avoir su expliquer la dimension de la crise" à ses concitoyen-ne-s et notamment aux jeunes. Il clarifie à ceux et celles qui en doutaient qu'il ne compte pas quitter le pouvoir.

Avec 6,3%, Izquierda Unida (IU- Autre gauche) double son score national devient clairement la troisième force politique du pays. "Nous sommes la gauche qui monte" a déclaré hier Ramon Luque, coordinateur électoral d'IU.

Et la révolution du 15 Mai là-dedans?

Le PP et ses militants ont annoncé la couleur dès hier soir: "Ça c'est la démocratie, pas ce qui se passe à Puerta del Sol". Rien d'étonnant: le PP a continuellemen méprisé les indigné-e-s depuis le début du mouvement.

Le PSOE s'est pour le moment montré inquiet de l'importance prise par ce mouvement qu'il veut résuire à un mouvement d'humeur de la jeunesses face à la crise. Hier dans la journée, Zapatero avait déclaré: "la démocratie c'est le vote"

Dans ce contexte, seul Cayo Lara, secrétaire général d'Izquierda Unida se distingue. En demandant hier aux indigné-e-s "d'aller s'exprimer AUSSI dans les urnes", il a réitéré son soutien au mouvement.


De son coté, le mouvement du 15 Mai a décidé de continuer à tenir la Puerta de Sol, place symbolique de Madrid, pour encore "une semaine minimum".

La décision a été prise samedi, sans même attendre le résultat des élections. "De toute façon, PP et PSOE c'est la même merde". "On restera ici jusqu'à ce que nos revendications soient entendues et des engagements fermes pris! On ne reculeras pas!"

Les revendications sont nombreuses:

  • Respect réel des valeurs de justice, de liberté, d'égalité et de pluralisme.
  • Limitation des des privilèges des charges publiques.
  • Interdiction permanente des personnes condamnées pour corruption de se présenter à une élection.
  • Modification de la Loi Électorale de manière à garantir la représentativité et la proportionnalité
  • Consultation populaire obligatoire et inaliénable pour l'élaboration et l'approbation des budgets municipaux, autonomiques et étatiques.
  • Droit à un travail digne, stable et de qualité.
  • Droit de tout citoyen à des prestations sociales publiques assurant une vie digne.
  • Établissement de mécanismes citoyens de contrôle de la gestion publique pour éviter la corruption
  • Contrôle citoyen des activités économiques concernant les biens communs (dont l'énergie, les réseaux de communication, l'alimentation, les transports et la banque)
  • Établissement d'un système fiscal progressif.
  • Établissement au niveau global d'un impôt sur les grandes fortunes et les transactions financières spéculatives.
  • Disparition immédiate des paradis fiscaux.
  • Contrôle citoyen des pratiques des entités bancaires
  • Convocation d'une Assemblée Constituante.

Ici à la Puerta del Sol, la lutte et les débats continuent. Personne ne pense s'arrêter là.

Vamos compañer@s! Unid@s podemos!
Vive la révolution citoyenne espagnole!

Par Gérard Letailleur - Publié dans : Politique
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Samedi 21 mai 2011 6 21 /05 /Mai /2011 02:07

Parti socialiste : un programme Démocrate

François Delapierre, secrétaire national du Parti de Gauche, livré une analyse critique du programme du Parti socialiste. Les militants de ce parti approuvent le fameux "projet" qui fera l'objet d'une convention nationale ce week-end. Cette double actualité m'amène à vous faire partager l'analyse de François Delapierre.

François Delapierre

"L’analyse du programme du Parti socialiste pour les élections de 2012 est un exercice ingrat. On sait d’expérience que le candidat désigné du PS en fera ce qu’il voudra. Le vainqueur des primaires aurait même pu être Dominique Strauss-Kahn, qui l’eut piétiné d’autant plus aisément qu’il n’a pas participé à sa discussion. Sa lecture requiert un décodeur doublé d’un diplôme de solférinologue. Les formulations à l’ambigüité calculée pullulent dans ces textes destinés à opérer des synthèses entre les positions contraires qui cohabitent au sein du PS comme on cache la poussière sous le tapis en se disant que personne n’ira y regarder. Enfin, il ne faut pas compter sur le secours des médias qui, faute de temps et de mémoire, se laissent abondamment bourrer le mou par les factions socialistes concurrentes qui rivalisent pour expliquer que leur point de vue l’a emporté sur tous les autres. Selon l’identité de celui qui l’alimente, le journaliste parlera donc d’un tournant à gauche ou d’un chef d’œuvre de modération. Car s’il a une vague idée de ce que contient le projet pour 2012, il n’a en revanche aucun souvenir des éditions antérieures.


LE COUP DE RABOT PERMANENT

Or la comparaison avec le programme du PS 2007 montre que la conversion démocrate du PS se poursuit malgré la crise historique que traverse le capitalisme.
Les exigences sociales sont encore revues à la baisse conformément à la doctrine démocrate. Le projet 2012 préconise un simple « rattrapage du SMIC que la droite a déconnecté de la hausse des prix » alors qu’en 2007 il voulait «porter le SMIC à au moins 1500 euros bruts le plus tôt possible dans la législature ». Il défend une simple modulation des exonérations de cotisations en cas de recours abusif aux contrats précaires. Les entreprises pourront faire le choix de la précarité en payant un peu plus, alors que le projet socialiste pour 2007 promettait : « Pour lutter contre la précarité, nous réaffirmerons la primauté du CDI sur toute autre forme de contrat de travail. » Il ne revient pas sur les réformes de la droite qui flexibilisent le temps de travail quand le projet 2007 voulait « relancer la négociation sur le temps de travail, pour étendre le bénéfice des 35 heures, avec création d’emplois, à tous les salariés. Si la négociation n’aboutit pas, la loi interviendra. »
On trouve aussi le deuxième pilier de la ligne démocrate, la confiance dans le marché. Même dans le secteur essentiel de l’énergie, le projet PS 2012 ne prévoit aucune remise en cause des privatisations et libéralisations alors qu’en 2007 il promettait de «réintroduire le contrôle public à 100 % d’EDF et mettre en place un pôle public de l’énergie entre EDF et GDF – dont nous refusons la privatisation.» De même, le projet 2012 propose une « banque publique d'investissement » uniquement dédiée à l’investissement industriel et sans moyens nouveaux puisqu’elle se contentera de « regrouper des outils existants» tandis que le projet 2007 envisageait un « pôle financier public » à vocation généraliste.
Les rares « mesures de gauche » annoncées ne changent pas la donne. Le salaire maximum, présenté comme une concession au Front de Gauche, ne concernerait que les firmes dans lesquelles l’Etat a des participations, soit 7 % des salariés dans 57 des 3 millions d’entreprises du pays. Et le « droit de partir à 60 ans » est un mot creux dès lors qu’est avalisé l'allongement de la durée de cotisations qui le fait rimer avec retraite amputée.


BIENVENUE CHEZ LES BISOUNOURS

Ce projet ne prépare aucun affrontement avec les puissances qui se coalisent pourtant actuellement contre les gouvernements sociaux-démocrates dans toute l’Europe. Il ne cherche pas à combattre l’emprise des banques et de la finance internationale, n’envisage aucun affrontement avec les traités européens et semble ignorer le fait que l’oligarchie au pouvoir dans notre pays pourrait se montrer insensible aux bonnes intentions du PS.
Ainsi, le PS ne prévoit aucune mesure structurelle pour sortir la dette publique de sa dépendance face aux banques et aux marchés. Il prévoit plutôt d'affecter chaque année 25 des 50 milliards de ressources nouvelles à rembourser purement et simplement la dette. Il n’est pas question par exemple d’autoriser l’Etat à emprunter auprès de la banque centrale ou d’obliger les banques à détenir des titres de dette publique... Ce silence fragilise l'ensemble du projet du PS, car un gouvernement désarmé face aux marchés financiers serait de fait soumis à leur bon vouloir.
De même, le PS ne prévoit aucune remise en cause du cadre actuel de l'Union européenne. Cela ôte toute crédibilité à ses propositions contraires au Traité de Lisbonne : les «emprunts européens pour financer les investissements du futur (rendus impossibles par les articles 310 et 311 TFUE), la «taxation des transactions financières au sein de l'Union» (contraire à l'article 63 TFUE), (contraire aux articles 21 TUE et 206 TFUE). Quant à l’idée de «donner vie aux coopérations renforcées, proposer les contours d'un groupe pionnier adossé à la France et à l'Allemagne, autour d'objectifs précis» et la «construction avec les pays qui le voudront, dons le cadre d'une coopération renforcée permise par les traités actuels, d'une communauté européenne des énergies», elle ignore visiblement le contenu du traité qui conditionne le lancement d’une coopération renforcée à l’accord de la Commission européenne, à l’unanimité à 27 pays au Conseil (art. 329 TFUE), à la participation d’au moins 9 Etats et le prévoit uniquement pour réaliser des objectifs de l’Union sans créer de distorsion de concurrence (art. 20 TUE).
Dès lors, le projet du PS ne cherche pas à créer dans la société un rapport de forces favorable au changement. Il valide le cadre débilitant de la 5e République et abandonne toute perspective de 6ème. Il ne reprend les revendications d’aucune des grandes mobilisations de ces dernières années, sur les retraites, les sans-papiers ou les suppressions de postes dans la fonction publique… Sa stratégie est plutôt de capter le rejet de Sarkozy jusque dans l’électorat de droite. On lit ainsi un surprenant hommage aux fondateurs de l’UDF et du RPR, Chirac et VGE : « Depuis 1958, par-delà les alternances et les époques, tous ceux qui ont exercé la magistrature suprême ont contribué au rayonnement de la France. Tous sauf l'actuel chef de l'Etat. »
Par Gérard Letailleur - Publié dans : gerard.letailleur
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Mardi 17 mai 2011 2 17 /05 /Mai /2011 21:18

Ce qui s’est passé dans la suite de l’hôtel new-yorkais où résidait Strauss-Kahn relève non de la politique mais de la justice. Car c’est d’une accusation de crime qu’il s’agit. Avec, si celui-ci est établi, un coupable mais aussi une victime. Il faut hélas le rappeler puisque les premières réactions à cette nouvelle n’ont fait aucun cas de la femme de chambre. Nous devons donc résister sans faiblesse aux incitations médiatiques déchaînées, ne parler que de ce qui nous concerne et pour commencer, de ce que nous savons. Hélas pour les amateurs de scandales, nous ne savons rien d’éventuels faits criminels, et dans l’hypothèse contraire c’est à la justice que nous les destinerions.

Cette affaire n'a rien de politique, elle concerne un homme face à son destin, il ne s'agit pas de l'accabler avant d'avoir entendu sa version des faits. Le fonctionnement de la justice en amérique, n'a rien à voir avec la notre. Cette affaire est une aubaine pour la presse et les médias, qui cherchent d'abord à vendre leur chaine ou leur journal. Attendons encore quelques jours, pour se faire une idée sur cette affaire. L'essentiel étant d'abord de penser au projet politique pour notre pays en 2012, qui n'a que faire de cette affaire privée.

Par Gérard Letailleur - Publié dans : Société
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Vendredi 13 mai 2011 5 13 /05 /Mai /2011 12:04

raffinerie fumée

Pour information, un indicent à 5 h 15 ce matin à la Raffinerie Pétroplus 

  Un nuage de pousssière de catalyseur s'est répandu dans l'atmosphère et est retombé sur une partie de la ville.

 

 

Ce produit n'est pas toxique, d'aprés Petroplus

  

Pour les nettoyages divers sur vos biens !

Ils doivent être pris en charge par la société Pétroplus.  Appeler Marc THEBERT au 02.35.67.48.31.

Par Gérard Letailleur - Publié dans : commune
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